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Surface + Utile : pour un immobilier d'intérêt général

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Publié le : 27.04.23

Temps de lecture 3 min

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Paul

Citron

Co-initiateur de Plateau Urbain et fondateur de Surface + Utile

Associations, coopératives, mutuelles, etc. les acteurs de l’Économie sociale et solidaire (ESS) constituent un maillon essentiel de notre économie. Elles voient pourtant leur développement limité par le coût des loyers. Pour que les acteurs de l’ESS aient la place qu’ils méritent au cœur de nos villes, Paul Citron (co-initiateur de Plateau urbain, le leader de l’urbanisme transitoire) a fondé l’association Surface + Utile. Il a présenté cette action collective lors de la Nuit de l’action, le 5 avril 2023.

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Brièvement, qu’est-ce que l’économie sociale et solidaire ? En quoi les loyers sont-ils un frein à son développement ?

Ce terme consacré par la « loi Hamon » de 2014 regroupe aussi bien le monde associatif que les mutuelles, les coopératives, les fondations, les Entreprises solidaire d’utilité sociale. Au total, ce secteur représente 10% du PIB de la France, 15% des emplois du secteur privés, 2,6 millions de salariés et 30 millions de m2 d’activités et de bureaux. Leur poids macro-économique est souvent sous-estimé, alors qu’il s’agit d’un secteur aussi immense qu’essentiel.

Les acteurs de l’ESS sont tournés vers la production d’externalités positives : avec leurs fortes rentabilités sociales et environnementale, ils ont nécessairement une rentabilité économique moindre. Le loyer est le problème numéro un des structures de l’ESS qui ont un « taux d’effort » disproportionné, c’est-à-dire qu’ils consacrent une part plus importante de leurs dépenses aux loyers par rapport aux entreprises classiques.

Les besoins de l’ESS en surfaces de bureaux et d’activités se comptent en dizaines de millions de mètres carrés. Un parc immobilier abordable pourrait avoir des effets macro-économiques très puissants sur les capacités de financement et de recrutement de ces structures d’intérêt écologique et sociétal.

Pour nos villes, quel est le bénéfice à faire plus de place à ces acteurs de la transition ?

Accueillir des structures de l’ESS signifie développer localement des emplois non délocalisables, l’économie circulaire et collaborative, l’économie du care (soin aux personnes), la transition écologique, la solidarité ou la culture. Ces types d’activités sont directement bénéfiques pour les territoires. Accueillir ces acteurs sur un territoire permet de développer des « espaces économiques de la transition ».

Qu’entendez-vous par « espaces économiques de la transition »  ?

Ce sont des espaces de bureaux, de commerces, ou d’activités de différentes échelles dont les tarifs sont adaptés aux acteurs de l’ESS et de la transition. Ces espaces de travail à prix décotés génèrent de fortes externalités. Ils permettent d’accueillir de nouvelles formes de développement économique, de proposer aux habitants des espaces d’engagement, de solidarité et de citoyenneté, et deviennent in fine des supports nécessaires à la transition de notre économie et de notre société.

Comment mesurer les besoins ? L’offre est-elle au rendez-vous ?

Les besoins de l’ESS en surfaces de bureaux et d’activités se comptent en dizaines de millions de mètres carrés. Les offres adaptées existent, mais elles doivent être amplifiées car le besoin d’un parc immobilier dédié à ces acteurs de la transition est immense.  De manière empirique, nous constatons l’ampleur de la demande. Quand la coopérative Plateau Urbain a lancé CÉSURE (25 000 m2 dédiés à l’ESS sur le site universitaire de Censier à Paris NDLR), la demande était 6 fois supérieure à l’offre disponible.  

Nuit de l’action, le 5 avril 2023 : Paul Citron (Plateau urbain et Surface+Utile), Florentin Letissier (Adjoint à la Maire de Paris), Vincent Aurez (Novaxia) et Séverine Chapus (BNP Paribas Real Estate) présentent l’action collective pour massifier les surfaces dédiées à l’ESS © Frédéric Albert

L’écosystème de la fabrique de la ville répond-il présent ?

Comme le montre notre action collective, il existe de nombreuses initiatives du côté des collectivités, des bailleurs sociaux, comme du côté des acteurs privés. Dans le cadre de son PLU bioclimatique, la Ville de Paris annonce le triplement des surfaces dédiées à l’ESS. BNP Paribas Real Estate mène un groupement pour développer le projet Victoria, dans l’ancien siège de l’AP-HP, en face de l’Hôtel de Ville de Paris. Dans cet ensemble immobilier de 30 000 m2, 1 000 m2 seront dédiés à l’ESS via la foncière Base Commune. De son côté, Novaxia va investir plus de 40 millions d’euros en deux ans dans des bâtiments au loyer accessible tournés vers l’ESS, grâce à des fonds labellisés « Fair-Finansol ». Une première acquisition a eu lieu à Paris 15e.

Le stock de surface dédié à l’ESS progresse légèrement mais il faut désormais massifier la démarche, car les besoins se comptent en dizaines de millions de mètres carrés.

Nous avons collectivement besoin de l’ESS pour faire face aux défis sociaux et environnementaux du 21e siècle

Comment massifier cette démarche ?

L’acculturation des professionnels de l’immobilier dans le parc privé, des grands propriétaires publics, des foncières, et des grands propriétaires privés aux besoins spécifiques de l’ESS est un préalable absolument nécessaire. C’est pourquoi nous avons créé l’association Surface + Utile, afin de rassembler ces acteurs avec les partenaires de l’action collective, mais aussi Altarea, SNCF Immobilier, ou encore la Foncière Bellevilles. Cette massification pourrait aussi passer par des incitations fiscales et réglementaires.

Les leviers ne manquent pas. Il faut arriver à mobiliser les propriétaires et les inciter à en faire davantage pour ce secteur, qui est notre assurance sociétale. Nous avons collectivement besoin de l’ESS pour faire face aux défis sociaux et environnementaux du 21e siècle, ce pourquoi nous invitons tous les acteurs de l’immobilier à rejoindre l’association.

Rejoignez Surface + Utile

L’objectif de l’association Surface + Utile est de rassembler les acteurs de l’ESS, de l’immobilier et du secteur public au sein d’une même association afin de faire des propositions pour massifier le parc immobilier dédié aux acteurs d’intérêt général.

www.surfaceplusutile.fr

Image à la une © Césure